Développement ferroviaire

Publié le par ali R

 
Développement ferroviaire et impacts social, économique et environnemental.
Perspectives du Maroc.
 
 
 
 
 
Le développement du rail va nécessairement de pair avec le développement d’un pays. L’histoire a montré que la construction de grandes lignes ferroviaires a permis le désenclavement de région, l’intensification des échange, la pacification, …
Au Maroc comme ailleurs, l’aspiration au développement du secteur du rail est un espoir partagé par tous. Outre son impact sur l’économie, nous nous attelons également à voir ses retombées sur les domaines social et environnemental.
 
Le ferroviaire : histoire d’un développement combiné avec la sueur des hommes.
 
En 1671, fût découverte la force élastique de la vapeur d’eau par D. PAPIN. On attendra plus d’ un siècle, exactement en 1787, pour voir l’ouverture de la première ligne de rail en Allemagne de 1,6 km. La première circulation réelle d’un train français fut opérée le 30/01/1827 entre Andrézieux et Saint-Etienne.(1)
L. Clement, éminent ingénieur américain, a été chargé de la conception et la réalisation du premier chemin de fer transcontinental, le Pacific Railroad. Comme son nom l’indique, ce projet pharaonique, reliant les états de l’est à ceux de l’ouest, permettra la pacification des Etats Unis et favorisera l’essor économique par l’injection de grands fond dans les travaux et les échanges économiques assurés par la suite.
Carte du Pacific Railroad.
La construction de la ligne du Gothard a été l’ouvrage du siècle et le tunnel du Gothard représenta à son époque de loin le plus grand chantier de Suisse. Le percement des 15 kilomètres de long du tunnel fut achevé le 29 février 1880 et à fin mai 1882, le train inaugural relia Lucerne à Milan. Ce parcours-spectacle retrace la vie et le travail dans le village du tunnel de Göschenen.(2)
Croquis d’une locomotive à vapeur.
Durant le même siècle, l’Europe a connu un grand essor du ferroviaire. C’est en 1832 que le premier train voyageur circula en France avec une locomotive électrique. Cette même Europe, partant à la conquête du colonialisme, construira le ferroviaire en Afrique et en Asie afin de favoriser l’exploitation des ressources en terre conquise.
Au Maroc, la construction du réseau de voie ferrée remonte à 1916. La construction et l’exploitation du réseau a été confié à trois compagnies concessionnaires jusqu’en 1963, date où le Maroc a décidé de racheter les concessions et de créer l’Office National des Chemins de Fer.
Impacts du développement ferroviaire.
Retombées économiques.
« Nous tentons de persuader les bailleurs de fonds qu’une aide accrue aux chemins de fer, même dans une proportion modeste, aiderait énormément la société africaine, car quand un continent développe son économie, il ne peut le faire sans le rail qui représentent un moyen de transport peu coûteux », souligne Vipin Sharma, directeur de la Division Monde de l’Union internationale des chemins de fer (UIC) à la RFI.
Le développement du secteur du rail nécessite des fonds importants que seuls les états sont capables de mobiliser. L’aide internationale contribue pour beaucoup dans les coûts de l’infrastructure. Ceci étant, le rail est seul moyen pouvant assurer le désenclavement de régions combiné avec le flux massifs de marchandises et de personnes.
Pour profiter de l’espace du colonialisme en Afrique, la France a étudié un méga-projet de construction du réseau transsaharien, dont le noyau est au Niger et permettant de relier la Cote d’Ivoire aux côtes méditerranéen.
Les contraintes des deux guerres ont empêché la réalisation de ce projet en entier. A l’indépendance, les gouvernements n’ont pas été assez tenace sur la question et la réalisation a été limitée à quelques petits tronçons.
Le développement du rail au Maroc venait répondre au besoin de l’exploitation minière. Le développement naturel d’aujourd’hui se combine naturellement avec cet intérêt économique. Prenons en exemple la ligne Taourirt – Nador. C’est un tronçon long de 117 Km reliant le port de Nador au réseau national. L’apport attendu de cette ligne est :
  • la valorisation de la région de l'Oriental,
  • le développement de l'exploitation des produits miniers et agricoles de cette région,
  • la desserte de la Société nationale de sidérurgie (SONASID) pour faire écouler ses produits,
  • le renforcement de l'infrastructure de communication nécessaire pour le développement des échanges inter régions et la généralisation des retombées positives du port de Nador aux autres régions, particulièrement celle du Centre.
 
Ce tronçon permettra de transporter 1,5 million de marchandises qui s’ajouteront aux 8 millions de tonnes ( hors phosphates ) transportés aujourd’hui, ce qui représente une augmentation de 19%.
Corollaires sociaux.
L’aspect social a été un des grands axes qui ont caractérisé le développement du rail. Le Pacific Railroad est un exemple de création d’une entête sociale entre les américains. Dernier exemple en date, la création d’une ligne commune entre les deux Corées. Cette ligne permettra plus d’échanges familiaux, culturels et humains entre des voisins que le destin des idéologies et la loi de la guerre froide ont fait éloigner.
Impact sur l’environnement.
Les moyens de transports sont responsables de 34% des émissions de CO2 au Monde d’origine humaine. La part du transport routier est de 94 % dans ces émissions. Les coûts externes moyens en Europe ( comprenant des accidents, du bruit, des émissions de la dégradation de l’infrastructure et de la congestion ) sont évalués par la commission européenne à 24,12 euros/1000tkm ( tonnes kilomètres transportés ) pour la route et à 12,35 euros/1000 tkm pour le rail, soit presque deux fois moins. (3)
Au Maroc, et vu l’état mécanique des véhicules et leur age moyen, nous pourrons aisément prophétiser les ratios précédents et l’apport que peut engendrer le fret quant à la réduction de la dégradation de l’environnement.
Perspectives du Maroc.
Le développement, l’entretien et l’élargissement du réseau national existant.
Il est aujourd’hui indéniable que les atouts du rail au Maroc sont extrêmement importants. Pour ne citer que ceux-ci :
·         La sécurité : A l’amère réalité des 3600 morts par an dans les accidents de la route, le train représente une solution pour réduire cette facture humaine déplorable.
·         L’économie d’espace : Aux problèmes de stationnement, de congestion, le rail présente bien un atout. Aussi, faut-il noter qu’une bande de rail en double voie nécessite 14m contre 40m pour une autoroute du type marocain.
·         L’environnement : La réduction des émissions de gaz à effet de serre, la réduction de la pression énergétique et les solutions de transport de matières dangereuse sont aujourd’hui une donnée importante pour les décideurs.
Contrairement à la majorité des pays africains, le réseau ferroviaire du Maroc est un des réseaux les mieux entretenus. Le renforcement de la sécurité a été notamment bien pensé par l’installation de systèmes de signalisation informatiques munis des équipements les plus performants.
Le développement du réseau se concrétise également par de massifs investissements : doublement de la voie entre Casablanca et Fès et entre Casablanca et le port de Jorf Lasfar, la construction de gares nouvelles ( Marrakech, Fes, Mohammadia, Assilah, Tanger ).
La L.G.V.
Les Lignes à Grande Vitesse sont aujourd’hui une réalité. Instituées dans le schéma directeur d’aménagement du territoire élaboré par le gouvernement Youssoufi, la concrétisation de ce projet a été rendue possible avec la signature de contrats lors de la visite de M. SARKOZI au Maroc.
Ce projet palliera aux problématiques de l’environnement et de la sécurité par la facilitation des déplacement inter-régionaux.
Métro – Tram.
Il est clair pour tout citadin du Maroc que le transport urbain est un grand chantier auquel il faut s’atteler. Non pas par l’effet maquette et multiplication d’études à coups de millions de dirhams, mais en convergeant tous les efforts.
Il est naturel que l’exemple de Casablanca lors du dernier rapport de la Banque Mondiale sur le transport urbain remet sur la table la question de moyen de transport de masse, type Tram – Métro. Seule une grande volonté politique peut faire converger les idées afin de concrétiser ce projet qui soulagerait la ville qui abrite plus que le dixième des marocains.
Mounir BENSALAH
Références bibliographiques :
(1) : Association Européenne pour le Développement du Transport Ferroviaire (AEDTF) .
(2) : Association Musée Suisse des Transports.
(3) : Réseau Transports et Mobilité Durables de France Nature Environnement – bulletin de liaison Mars 2003.
Mounir BENSLAH,
Militant USFP.
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